Maurice Ndour se livre

« J’ai hâte de pouvoir apprendre de Carmelo Anthony »

En juillet, le Sénégal participait au tournoi pré-olympique de Manille. Et en l’absence de leur star Gorgui Dieng, les Lions y ont fait belle figure malgré leur élimination. Maurice Ndour a d’ailleurs été l’un des leaders de la sélection sénégalaise.

Auteur d’une belle Summer League en 2015, il avait finalement rejoint le Real Madrid en Europe. Cette année, il évoluera bel et bien en NBA puisque les Knicks l’ont engagé pour deux ans. Entretien avec le nouveau coéquipier de Joakim Noah.

Avec du recul, quel bilan tires-tu de votre performance au tournoi pré-olympique en juillet dernier ?

Je suis vraiment content de notre performance là-bas même si nous avons été éliminés. Les gens ne s’attendaient pas à ce qu’on soit compétitif. On a tenu tête à de fortes équipes. On a montré de quoi on était capable. Le Sénégal peut évoluer au plus haut niveau et on l’a prouvé. Le Canada faisait partie des favoris du TQO et on était proche de les battre. Je suis fier de l’équipe.

Que vous a-t-il manqué face au Canada ?

Je dirai plutôt qu’ils ont mis leurs shoots dans les dernières minutes. Nous avons une équipe moins expérimentée, un nouveau groupe avec de jeunes joueurs qui participaient pour la première fois à ce genre de tournoi. Ça compte dans les fins de matches comme ça. Le Canada joue avec la même équipe depuis des années. Ça fait la différence !

Le président de la Fédération Sénégalaise avait déclaré qu’il s’agissait surtout de préparer le prochain Afrobasket.

Oui, exactement. Je pense pouvoir dire qu’on a de bonnes chances de gagner l’Afrobasket 2017 si on s’en donne les moyens. On doit juste essayer de garder le même groupe. Cette année, il nous a manqué des joueurs qui je l’espère viendront l’été prochain. Je pense à Gorgui Dieng mais aussi Mouhammad Faye ou Xane d’Almeida… Ce sont trois joueurs qui auraient pu faire la différence pour nous. J’ai discuté avec eux pendant la compétition et après. Ils étaient fiers de nous et de ce qu’on a montré. On aura besoin de tout le monde l’année prochaine.

« C’est surtout en dehors du terrain que l’on doit s’améliorer »

C’est la première fois que le Sénégal faisait appel à un coach étranger [l’espagnol Porfirio Fisac de Diego est le nouveau sélectionneur du Sénégal]. Comment ça s’est passé ?

C’était une expérience très différente. Beaucoup de coaches en Europe sont très bon et c’était le cas pour le nôtre. Je le connaissais déjà car c’est un coach espagnol et j’ai joué en Espagne. Les joueurs ont vite accroché avec lui. On a apprécié sa façon de coacher mais aussi sa façon de gérer un groupe. Dans les compétitions internationales, l’humain est très important. Il n’avait que trois semaines pour former une équipe avec des individualités et il l’a bien fait.

Vous aviez également dans l’effectif un meneur américain, Clevin Hannah. Comment s’est-il intégré ?

Il a apporté son leadership. C’est un excellent joueur qui a la capacité de créer le jeu et on avait besoin de ça dans l’équipe. Surtout en l’absence de Xane. Avant le rassemblement, je ne savais pas qui serait notre meneur de jeu. Quand j’ai vu que c’était lui, j’étais très content. Il s’est très bien adapté et s’est senti comme chez lui dès les premiers jours. Il parlait avec tout le monde, on a tout fait pour qu’il se sente à l’aise. C’est difficile pour un joueur d’arriver dans un environnement inconnu. Mais ça s’est très bien passé pour lui comme pour nous.

Les équipes africaines ont souvent du mal à percer sur les compétions mondiales. Comment expliques-tu cela ?

C’est ce que les gens pensent mais on a prouvé que ce n’était pas complètement vrai à deux reprises. Au Mondial en 2014, personne ne nous attendait. Tout le monde pensait qu’on ne sortirait pas des phases de poule. On est là jusqu’en huitièmes. Après malheureusement, on a croisé l’Espagne. Mais on a gagné le respect des autres nations, et cette année encore.

Le talent est là. Le problème, c’est qu’il y a beaucoup de choses que les autres équipes ont et dont on ne dispose pas, hors du terrain. Ça se situe surtout au niveau de la gestion de la préparation. C’est surtout en dehors du terrain que l’on doit s’améliorer. Sur le terrain, on va bien, on a de très bons joueurs.

L’année dernière au Real Madrid, tu as eu très peu de temps de jeu. Comment as-tu pu gérer la situation ?

C’est compliqué de rester motivé quand tu ne joues pas alors que tu t’entraînes dur. Mais tu dois l’accepter. J’ai beaucoup appris cette année-là. Je ne pouvais pas m’apitoyer sur mon sort. J’ai juste continuer à m’entraîner tous les jours. J’ai appris des autres, je me suis donné à 100% à chaque fois qu’on a fait appel à moi. Je me suis dit que je devais m’améliorer et me rendre meilleur. Je ne voulais pas que le manque de temps de jeu m’affecte.

« Il y a 10 ans, personne ne pensait que Maurice Ndour pouvait jouer en NBA »

Tu viens de signer chez les Knicks pour deux ans. Tu avais été bon avec eux en Summer League la saison passée. Surpris de les voir revenir un an plus tard ?

Non pas vraiment. Je savais que ça allait venir un jour. Je ne savais pas quand mais je savais que mon heure viendrait. Quand ils m’ont appelé, j’étais tellement heureux. Après la Summer League, tout le monde pensait que j’allais signer là-bas mais ça ne s’est pas fait.

Cette année, c’est la bonne et j’ai hâte que ça commence. L’année passée a été compliquée.

Pourquoi ça ne s’est pas fait avec les Knicks l’année dernière ?

J’avais été bon en Summer League et Dallas avait une meilleure offre pour moi. J’ai fait mon choix et puis finalement j’ai été coupé.

Tu as reçu d’autres offres cet été ?

Oui mais les Knicks étaient ceux qui me voulaient le plus.

Tu as pu rencontrer Phil Jackson ?

Non pas encore, je n’ai parlé qu’avec le GM Steve Mills. Il est très heureux de me voir revenir. Quand on me connaît, on sait que je joue avec beaucoup d’énergie et c’est ce qu’ils attendent de moi. Que j’apporte de l’énergie en défense mais aussi en attaque. Après je vais pouvoir jouer avec Carmelo Anthony. Ce n’est pas tous les jours que l’on côtoie les meilleurs. J’ai vraiment hâte de pouvoir apprendre de lui. Il est dans la ligue depuis longtemps, il va m’apporter beaucoup je pense.

Tu vas également évoluer aux côtés de Joakim Noah qui est également un joueur qui apporte beaucoup d’énergie. Tu penses qu’il peut devenir une sorte de mentor pour toi ?

Je ne le connais pas personnellement mais j’adore son jeu. Il joue avec passion, énergie. C’est un vrai leader sur le terrain et je suis un peu pareil. Tout le monde connaît sa dureté et son acharnement. Je vais m’inspirer de lui, c’est sûr.

Comment as-tu réagis quand les Knicks t’ont appelé ?

Je me suis dit « Dreams come true. » Je dis souvent aux plus jeunes que quand tu as un rêves, tu dois te donner les moyens tous les jours de le réaliser. Mon rêve est devenu réalité car j’ai bossé tous les jours pour un jour mettre les pieds en NBA. Il y a 10 ans, personne ne pensait que Maurice Ndour pouvait jouer en NBA.

Même toi ?

Non, je savais que je jouerai en pro mais je ne pensais pas encore pouvoir jouer dans la plus grande ligue du monde. Il n’y a pas de secret ! Il faut travailler dur. J’ai eu de nombreux conseils tout au long de ma carrière de personnes comme Amadou Gallo Fall [Président de la NBA Afrique].

Vous êtes de plus en plus de joueurs d’origine africaine à évoluer en NBA. Ça t’inspire quoi ?

Une très grande fierté. On représente un pays mais également un continent. Chaque fois qu’un joueur africain est drafté ou signe en NBA, je suis très heureux pour lui. C’est une belle vitrine pour nous tous. Nous devons être des ambassadeurs de notre continent.

source Basket.com

 

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